Le pont magnifique qui ne mène à rien !

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Selon notre point de vue, la situation où nous sommes, offre différentes perspectives : d’un côté un ouvrage d’art construit pour relier les hommes et d’un point de vue objectif, ce qu’il en reste aujourd’hui, puisqu’on l’a détruit pour les raisons contraires de ce qui en était le but….

Si un pont est un moyen de relier les hommes, de les rapprocher physiquement, de franchir un obstacle, qu’en est-il d’un lien devenu inutile parce que détruit par la guerre entre les hommes? C’est bien l’image d’un moyen d’unir les êtres par un même effort que j’ai voulu illustrer par ce viaduc qui n’a plus de sens parce qu’il  a été rompu par ceux-la même qui au départ l’on édifié. A l’absurdité d’un comportement de fous de colère s’ajoute l’image d’un pont dérisoire, sans véritable sens puisque son rôle n’est plus de mise.

Le plus étrange dans cette histoire, c’est que du fait de son importance originelle et physique, il subsiste sur plusieurs kilomètres témoins de son imposante réalité, des efforts surhumains qu’il a fallu accomplir pour l’édifier.
Aujourd’hui, il ne reste que sa ruine, d’autant plus visible qu’on l’a laissé là parce que cela coûterait de la détruire au vu de son importance. Cet édifice construit à grand peine, détruit grâce à des avions de haute technologie, reste une monumentale contradiction de la civilisation humaine.

Quelle perspective et quelle leçon pour les futures générations de petits d’hommes!
©Jean Louis Chassain

P. S. Tous les éléments de cette histoire sont  authentiques et vérifiables.

Ma part de rêve

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Chacun inscrit dans la réalité sa part de rêve. Chacun appréhende la réalité des événements de sa vie, construit son univers, ses projets, se tourne vers l’avenir au regard de son passé. Ma part de rêve, c’est cette réalité qui me dépasse et que j’apprivoise en la recréant en lui donnant un sens nouveau que je m’approprie totalement et qui est à moi définitivement. Si le mot création me parait prétentieux, celui de récréation me convient totalement. C’est la mienne, peut-être la tienne, la sienne, la nôtre, la vôtre, la leur….

©Jean-Louis Chassain

Chemin de vie au détour du sentier :

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Sur notre chemin, dans le sentier, la lumière joue sur les feuilles, les branches et la terre. Le mystère s’ajoute aux reflets imprévus, il donne une image vivante de ce qui n’est qu’un souffle de vent. Certains appellent ça, les esprits de la forêt. Pour moi, le mystère de l’existence est là tout simplement… Quelque soit le nom qu’on lui donne…
©Jean-Louis Chassain

Une année 2015 en couleurs

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Loin de moi, l’idée de vous en faire voir de toutes les couleurs, je vous souhaite une année toute en harmonies, avec un éventail qui vous laisse apprécier les différentes palettes de l’existence. Que ces nuances variées vous évitent l’ennui et vous permettent d’atteindre votre essentiel. Car n’est-ce pas, à chacun ses goûts et ses couleurs….
©Jean-Louis Chassain

Selfie

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Je sais que vous m’avez reconnu. Même une vue de dos me trahit : je transparais…
Il m’est difficile de passer incognito.
Puisque l’on se regarde les yeux dans les yeux, bien sur, je vous salue illustre personnage que vous êtes.
Entre personnes de même acabit, on ne peut que se saluer.
Comme l’a si bien fait avant moi cet autre & célèbre prédécesseur, Charles Baudelaire qui parle de vous, « hypocrite lecteur mon semblable mon frère » dans les Fleurs du mal.
Mais comme moi, vous savez que l’essentiel, n’est pas d’être connu.
L’important c’est l’être en lui même,
A ce qu’il paraît….

©Jean-Louis Chassain

Le chemin d’Ulysse

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Ce jour là, le vent faisait le ménage au large; était-ce lui ou la trace d’un bateau: un chemin était tracé sur la mer. Une route improbable a germé dans mon esprit comme un dessein à venir…. Ulysse voyage au gré des vents, mène ses aventures de vie, croit mener son navire alors qu’il ne fait qu’adapter sa voilure aux gré des éléments qui le gouvernent. Ainsi va notre vie qui nous façonne bien plus que nous le croyons. Sans doute notre faculté à nous adapter sera toujours plus sûre que de vouloir transformer cet univers qui nous dépasse…   ©Jean-Louis Chassain

« Je ne puis pas donner la réalité des faits, je n’en puis présenter que l’ombre » Stendhal

Annie-Fratellini-trapéziste

Assis au spectacle de l’école du cirque d’Annie Fratellini, je rêve un monde léger où l’esprit domine la forme. Sans doute à l’époque (1982), j’avais le regard de Rodrigue pour Chimène ( la trapéziste)…, et bien non! Il est parti dans le décor mon regard, détourné par ce qu’il voyait sur la toile et qui lui apparaissait plus aérien encore…

©Jean-Louis Chassain

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Les mots qui coulent de source :

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Enfant, lorsque j’ai découvert que Victor Hugo était un écrivain démiurge, un créateur de mots, un orfèvre de la pensée, je me suis senti très proche de lui, j’ai senti en lisant « Les Misérables », sa main sur mon épaule m’accompagner dans la vie. Deux épisodes de ce roman m’ont ravi : « Kékséksa? » C’est Gavroche qui parle et les mots prennent la saveur de la vie, l’esprit et la matière se confondent comme le sel se dissout dans l’eau. Et puis l’épisode où Marius suit Jean Valjean et sa fille et découvre le galbe de la jambe de Cosette…, grâce à un coup de vent. L’alchimie de l’existence devient la puissance de la création; les mots ne nous appartiennent plus, ils sont la vie même, son essence : ils coulent de source…

Et puis plus tard, j’ai découvert que le grand homme était aussi un géant aux pieds d’argile! Je n’ai pas compris qu’il fasse tourner les tables pour faire revivre sa fille noyée dans un naufrage sur la Seine. Je n’ai pas compris la peine terrible de ce père. Comment, un esprit fort comme Victor Hugo pouvait-il croire aux forces de l’ésotérisme? Quelle honte, quelle infamie! Un homme intelligent pouvait être faible et croire à la sorcellerie, voilà comment j’ai voué mon idole aux gémonies. Je n’ai pas voulu voir la peine profonde d’un père désespéré parce qu’il a perdu son enfant. Je n’ai pas voulu voir que parfois en nous la faiblesse est la plus forte, la douleur, nous emporte, malgré nous….et nous égare!
©Jean-Louis Chassain