Un déjeuner de soleil

Le-Puy-la-collation Un-déjeuner-de-soleil-2 Un-déjeuner-de-soleil

Je me promène dans les rues désertes du Puy-en-Velay le 15 Aout 1982 . Une vieille femme collationne d’un melon, à la pointe du couteau. C’est un vrai plaisir pour elle visiblement, qui « se fout comme de l’an mille » que je déguste son plaisir comme si c’était le mien. C’est un déjeuner de soleil pour elle,  ce moment est tellement délicieux qu’aujourd’hui, nous le partageons ensemble.

©Jean-Louis Chassain

La vie me tue

La vie me tue

© Jean-Louis Chassain

Il paraît que Groucho Marx a fait écrire sur sa tombe : « Je vous l’avais bien dit que j’étais malade! ».
 Il paraît aussi que l’humour est la politesse du désespoir, que les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.
 Néanmoins, si mes rapports avec la mort ne sont que  conflictuels, ils me donnent aussi la force de vivre! 
Il y a une trentaine d’années,  j’ai vu au musée des beaux arts de Tours un « gisant » d’Olivier Brice qui représentait un chien debout recouvert d’un drapé en polymère solidifié : l’effet était saisissant comme une vie sous un drap, une vie entre parenthèse, sous un linceul, la force de vie mise en exergue!
 Enfin, en bref, tout ça pour dire qu’au regard de l’univers, notre nombril est forcément un détail de l’histoire, comme le point sur le « i » de paradoxe!
©Jean-Louis Chassain


Esprit est-tu là?

esprit-est-tu-là

Juin 1976 à Calvi en Corse. Il faut dire que je me suis follement amusé le jour où j’ai fait cette photo. Et je transcris les mots que j’ai lus sur ce transformateur  d’électricité :
« Poste de Transformation Haute Tension Danger de Mort. Soins aux électrisés. »
A la craie écrit sans doute par des enfants de la balle :
« L’amour commence par un baiser et fini par un bébé. »
Ensuite : »Je suis folle d’aimer un fou, moi aussi » suivi par je suis fou d’aimer… » Et puis : « J’aime deux choses toi et la rose, la rose pour le parfum… »
Comme quoi la photo cela peut-être aussi de la littérature!

©Jean-Louis Chassain

C’est un chemin muletier sans doute.

C'estun vieux chemin qui descend vers la mer(espagne1978)

C’est un vieux chemin qui descend vers le mer en Espagne en 1978. Peut-être est-ce un chemin muletier? En bas, longeant la côte écrasée du soleil de juin, une barre d’immeubles modernes barre la route. Le contraste saisissant m’a fait faire la photo c’est évident, pour la magie qui reste encore, pour figer en un instant l’éternité du temps qui passe! Élémentaire me dirait ce cher Eastman Kodak!

©Jean-Louis Chassain

Profession de foi : amoureux de la photographie, du cinéma et autres littératures

alivreouvert

En vrac, à tort et à travers, comme un réservoir de réflexions sans queue ni tête et que j’ai  toujours voulu exprimer sans jamais passer à l’acte :

Je me rappelle, lorsque j’ai lu & vu pour ce qui est des photos, j’ai beaucoup aimé les livres de Jean-Loup Sieff : ses textes m’ont paru intéressants, parce qu’ils faisaient un contrepoint à chaque image, qu’ils ajoutaient un éclairage supplémentaire à chaque photographie. C’est aussi le style, la manière d’amener ces images et leurs commentaires auxquels j’ai adhéré comme quelqu’un d’autre qui le faisait à ma place et dans lequel je me reconnaissais. Finalement, ce qui est important dans ce genre de démarche, c’est l’expression, c’est en ce sens qu’il y a quelque chose à exprimer de soi.
D’une autre manière, le poids des mots, la pertinence des photos, le point de vue en quelque sorte font la signification, l’éclairage: ce n’est pas un slogan que j’énonce, une profession de foi plutôt.

Quand je fais des photos, je me fais tout un cinéma…. C’est ça que je veux transcrire ici, y ajouter de l’écriture aux images, prises, volées, trafiquées, interprétées, exprimées comme ce soupir que l’on pousse hors de soi pour dire l’indicible. C’est de ce voyage intérieur dont je veux parler, ce cheminement qui me mène à moi à travers tous les paysages que je photographie.

© Jean-Louis Chassain

La condition « Sine qua non »

la-fille-et-la-mer-1977

Il parait que nous sommes d’ici, de cette terre : fils de la mer, filles de la terre. Cela s’appelle la condition humaine. Inutile de se défiler, nous n’en reviendrons pas. D’ailleurs, c’est comme un fil à la patte qui nous relie à une autre filiation : nous faisons partie du règne animal. Bon, trêve de mythologies, il serait temps de reconnaître que nous ne sortons pas de la cuisse de Jupiter.

©Jean-Louis Chassain

Il pleut à la cour de Versailles

il-pleut-à-la-cour-de-Versailles

Bien sûr une photographie par un beau soleil d’août, c’est bien plus beau que les jardins de Versailles sous la pluie : c’est sans doute ce que pensent nombre de touristes qui visitent ce prestigieux monument. Pour ma part, je trouve toujours un plaisir ineffable lorsque le temps est mi-figue mi-raisin. C’est comme si, au lieu d’aller à l’enseignement des lieux historiques, je trouvais une école buissonnière qui m’autorise à voir la vraie vie à la place de ce qu’on veut bien nous montrer. J’imagine qu’à la cour de Louis XIV, il ne faisait pas beau tous les jours et que derrière l’apparat, la vie et son cortège de misères et de magnificences, le sel même de l’existence était forcément présent, le présent d’alors…. Alors pour moi, la pluie à Versailles, c’est la réalité éternelle de tous les temps!

©Jean-Louis Chassain